Ha!


Ha!
   habler, hableur, haha, hagard, haie, haie! haillon, haîne, haïr, haire, halage, halbran, halbrener, hâle, hâler, halener, haleter, halte, hameau, hampe, hanap, hanche, hangard, hanneton, hanter, happelourde, happer, haquenée, haquet, harangue, haras, harasser, harceler, hardes, hardi, hargneux, hareng, haricot, haridelle, harnois, haro, harpailler, harpe, harper, harpie, harpon, hart, hasard, hâter, have, havresac, hausser, haut, hé! hennir, hérault, here, hérisser, hérisson, hernie, héron, héros, herse, hêtre, heurter, hibou, hic, hideux, hoc, hiérarchie, ho! hola! hobereau, hoche, hochepot, hochet, houpe, honnir, honte, holle, houblon, houille, houlette, houppe, houppelande, housard, hussard, houssaie, houspiller, houspillon, housse, housser, houssine, houssiner, hoyau, huche, hucher, huer, hulotte, humer, hume, huppe, hure, hutte."
   Tous les mots dérivés des précédens conservent leur aspiration, excepté ceux de "héros", qui sont: "héroïne", "héroïsme", "héroïde", "héroïquement". Dans "enhardir" l'"h" est aspirée, mais non pas dans "exhausser". On aspire l'"h" du mot "Henri", dans un discours oratoire; mais hors de là, c'est une affectation. "Hollande", "Hollandois", commencent par une "h" aspirée, excepté dans ces façons de parler: toile d'"hollande", fromage d'"hollande", qui ont passé du peuple dans le langage ordinaire. "Hongrie" s'aspire, excepté dans ces phrases: eau de la reine "d'Hongrie", points "d'Hongrie", etc. Quoique onze et onzieme commencent par une voyelle, on écrit sans élision l'article ou la préposition qui la précede, et l'on ne lie pas la consonne: de "onze" enfants il ne leur en reste qu'un; tous les "onze" du mois.
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   Pour l'intelligence des signes de quantité prosodique dont on va faire usage, on croit devoir avertir qu'on ne s'est point assujetti à la méthode de l'abbé d'Olivet. Quoique par son traité de Prosodie, il ait rendu un grand service à la langue, il s'en faut bien que son ouvrage ait été aussi utile qu'il eût pu l'être, s'il eût distingué l'accent prosodique de la quantité prosodique. En confondant ces deux parties, il a embrouillé la matiere. Il est bien, difficile, pour ne pas dire impossible, de comprendre, ce qu'il entend par syllabes longues, breves et douteuses.
   Nous avons des voyelles graves par leur nature, et par conséquent très-longues. Leur longueur et leur gravité ne changent jamais du primitif au dérivé, quelque place qu'elles occupent dans un mot. On fait entendre également, l'"a", l'"e" et l'"o" graves, dans m"â"t, m"â"ter, il m"â"te; dans pr"ê"t, pr"ê"ter, il pr"ê"te; dans dép"ô"t, dép"o"ser, il dép"o"se, etc. Ces voyelles sont très-longues dans tous ces mots.
   Au contraire, les voyelles aiguës et les muettes deviennent moyennes, si la syllabe qui vient après commence par une consonne suivie d'une muette. La syllabe "gé", par exemple, qui est aiguë et très-breve dans affli"gé", est muette et breve dans affli"ge"ra. Elle est moyenne, tant pour la quantité que pour l'accent prosodique, dans ils affli"ge"rent: elle tient le milieu entre la longue et la breve, et entre l'aiguë et la grave.
   L'abbé d'Olivet nomme quelquefois douteuses les voyelles qui sont moyennes quant à la qualité de la voix, et quelquefois il les nomme breves relativement aux graves, qui sont toujours très-longues. On pourroit les qualifier de longues, en les comparant aux breves, puisqu'elles tiennent le milieu, tant pour la quantité que pour la qualité, entre la grave et l'aiguë, entre la longue et la breve. Mais on peut les qualifier de moyennes, sous les deux rapports de la quantité et de l'accent: cette qualification préviendra toute équivoque.
   Cela étant convenu, on avertit que les syllabes breves seront annoncées par le signe suivant (˘); les longues, par celui-ci (¯); et les moyennes, par (ˇ).
   Et comme, dans notre langue, nous avons beaucoup plus de breves que de longues, pour ne pas surcharger l'écriture de signes inutiles, les voyelles qui ne porteront aucun signe, seront réputées breves.
   On prévient les lecteurs qu'on n'a pas pu indiquer les différentes qualités de son, parce qu'on auroit hérissé les syllabes de signes embarassans. On doit se tenir pour averti que l'article "les", et les pronoms, "mes", "tes", "ses", doivent se prononcer, comme si l'"e" étoit marqué d'un accent grave, et que la conjonction "et" se prononce comme un "e" moyen, au lieu que le verbe "est" a le son très-ouvert.

Dictionnaire grammatical du mauvais langage. . 2014.